Le phénomène de dématérialisation

La révolution numérique, chacun en est désormais convaincu, bat son plein.
La photographie, la musique, la vidéo sont ancrées dans l’ère du bit. Seuls quelques marginaux, artistes ou collectionneurs, agitent encore comme une provocation leurs appareils argentiques ou leurs disques vinyle. Cette numérisation, si elle paraît généralisée au premier abord, ne touche pas, loin s’en faut, toute la matière terrestre.
On ne numérise pas une pierre, un arbre, une maison, un être vivant. La question n’est pas tellement de savoir si cela serait possible ou non, en réalité, cela ne semble pas nous intéresser.
Connaissance, représentation du monde, moyens d’échanges et de communication constituent le périmètre circonscrit du phénomène de dématérialisation. Mais, n’est-ce pas là précisément ce qui distingue l’homme de l’animal ?
N’est-ce pas ce que nous dénommons « civilisation » ?

Dans le domaine des objets d’échange : image, son, écrits, argent, rien ne semble échapper à la frénésie de la dématérialisation. L’affaire a été entendue en quelques années seulement, ce qui, à l’échelle de l’histoire humaine, est tout bonnement incroyable.
Parallèlement, et avec la même brutale détermination, les flux de communication sont, eux aussi, dématérialisés.
Toutes les formes écrites se voient numérisées, les courriels remplacent les courriers, la téléphonie est en ébullition numérique permanente, la messagerie instantanée prend le pas sur la parole.
Pour assurer le transport de ces objets échangés et de ces flux, l’infrastructure numérique s’organise : les « autoroutes de l’information », comme on les a justement dénommées, irrigueront bientôt tout le territoire mondial, y compris les zones habituellement déshéritées. Les réseaux numériques remplacent les faisceaux hertziens, devenus subitement « ringards ». Dans ce domaine de l’infrastructure numérique, la course est au débit : l’objectif est indéniablement de faire passer un maximum de bits en un minimum de temps.
Omniprésente, l’informatique elle-même – pourtant si jeune – connaît sa petite révolution : l’orientation étant à la communication, les programmes informatiques se voient sommés de dialoguer entre eux, ce à quoi ils n’étaient pas franchement préparés. Des normes d’interopérabilité se mettent en place, et l’open source, comme cadre de partage de la connaissance informatique, voit le jour pour définir un nouveau modèle de développement, lui-même partagé.

Une fois les objets d’échanges et les moyens mis en place, il ne reste plus qu’à communiquer. Et les hommes, partout, comme un seul homme, communiquent : les blogs, malgré leur apparente pauvreté générale, fleurissent par millions sur la toile, des milliards de messages sont échangés chaque jour par mail, messagerie instantanée ou SMS, et le téléphone, devenu numérique, se mue en un nouvel organe indissociable du corps humain.

Le e-commerce, le e-tourisme, la e-administration rendent progressivement inutiles et obsolètes les anciens modes de visite, de
réservation et d’achat.

Le texte ci-dessus est l’introduction du chapitre « Le phénomène de dématérialisation » du livre ‘L’avatar est l’avenir de l’homme ».

Dans le livre sont étudiés successivement :

  • Numérisation des objets d’échange (son, musique, image, photo, vidéo, cinéma, livres, connaissance, monnaie)
  • Dématérialisation des flux (courriels, messagerie instantanée, téléphonie)
  • L’informatique « en ligne » (ordinateur individuel et Internet, webisation des applications, de l’intégré à l’intégrable, le mode Saas, l’open source)
  • Les infrastructures
  • La convergence

 

 

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