Raréfaction des ressources
Corollaire évident de la surpopulation, la raréfaction des ressources est l’une des problématiques majeures à laquelle l’homme du XXIe siècle va devoir faire face.
Fussent-elles fossiles ou non, il est désormais évident que les ressources naturelles vitales : énergie, eau, poissons, récoltes… ne sont plus suffisantes pour satisfaire les besoins des hommes qui peuplent la planète.
Le sacro-saint dogme de la croissance comme moteur de l’économie par les états n’est pas étranger à cette situation.
Dans son ouvrage didactique L’équation du nénuphar, Albert Jacquard explique avec pédagogie ce que représente une croissance qui se surajoute à elle-même, comme c’est le cas de nos PIB.
Au-delà de la compréhension de l’objet mathématique, cet exemple permet de bien appréhender la rapidité avec laquelle l’irréparable peut être atteint en fin de processus lorsqu’on empile de la croissance sur de la croissance.
Ce mode de raisonnement sur lequel sont malheureusement basées toutes nos économies – le taux de croissance faisant même figure de baromètre de la bonne santé d’un pays ! –, n’aurait de pertinence mathématique que dans l’hypothèse de ressources illimitées. Sans
cette condition pourtant simple, c’est le clash assuré, avec une accélération diabolique en fin de cycle, comme le montre l’exemple imagé de l’espèce du nénuphar, qui, finalement, meurt du jour au lendemain en raison de son impéritie.
Les études et analyses scientifiques traitant de notre surconsommation insensée et de l’appauvrissement dramatique des ressources terrestres sont nombreuses et aujourd’hui peu contestées. À titre d’illustration originale, citons l’initiative de L’ONG canadienne Global Footprint Network, qui calcule le « earth overshoot day2 », c’est-à-dire le jour du « dépassement global de la terre », en fonction de paramètres scientifiques de consommation.
Ce jour est précisément celui ou la consommation cumulée sur l’année dépasse la capacité de renouvellement de la terre. Leur constatation est que ce jour intervient de plus en plus tôt chaque année : il était estimé au 21 août en 2010.
Pour sa part, le site écologique terresacree.org estimait, dans un article paru le 29 octobre 2008, qu’au rythme des indicateurs de consommation et de croissance actuelles, l’humanité aura besoin d’une seconde planète en 2030 !
Cette affirmation alarmiste repose sur l’étude de l’édition 2008 du rapport Planète vivante publiée par le Fonds mondial pour la nature (WWF).
Texte extrait du chapitre « Raréfaction des ressources » du livre « L’avatar est l’avenir de l’homme ».