Une réaction vitale
Une surpopulation incontrôlable, une disparition inéluctable des ressources naturelles, une pollution telle qu’elle met en péril la biodiversité et l’équilibre naturel de la planète, voilà le schéma factuel – malheureusement indiscutable – dans lequel nous avons engagé le monde qui nous a accueillis.
En 2005, lors d’une interview télévisée, rapporte le magazine Science de la conscience, Claude Lévi Strauss, presque centenaire, déclarait :
« Ce que je constate, ce sont les ravages actuels, c’est la disparition effrayante des espèces vivantes, qu’elles soient végétales ou animales… L’espèce humaine vit sous une forme de régime d’empoisonnement interne. Quand je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence : ce n’est pas un monde que j’aime ».
Avec Lévi Strauss, l’un de nos plus grands philosophes, ethnologues, et anthropologues contemporains, soulignons ce constat d’échec de l’espèce humaine.
La nature ne peut faire confiance à l’homme pour se réguler lui-même : c’est au-delà des facultés de l’homo sapiens.
Pourtant, nous savons qu’elle intervient, nous dirons « subrepticement », pour favoriser l’adaptation d’espèces dont le contexte vital est menacé, ce qui est bien la situation dans laquelle nous nous trouvons.
À première vue, on pourrait être tenté de dire que la solution consisterait tout bonnement à éliminer l’espèce dont l’évolution incontrôlée est la cause du désastre annoncé, pendant qu’il en est encore temps. Mais, nous partons du postulat, vérifié par l’histoire de l’évolution de la vie sur terre, que la nature a une vocation de régulation basée sur l’adaptation et non sur la destruction.
La nature doit donc faire avec l’espèce humaine, tout en la bridant. Car ce n’est pas l’homme en soi qui est délétère, c’est son activité.
Texte extrait du chapitre « une réaction vitale » du livre « L’avatar est l’avenir de l’homme ».